Politiques locales de la jeunesse - Séminaire national 2006

De la jeunesse comme problème à la jeunesse comme ressource : postures, politiques et pratiques d’acteurs

Jeunes partout, jeunes nulle part

L’omniprésence des jeunes dans les discours des acteurs locaux en même temps que leur totale absence dans les conseils de quartier : voilà qui est confondant. Publics cibles de mesures spécifiques, on évite pourtant de les nommer. Et quand on parle d’eux, parle-t-on des jeunes en général ou d’un groupe en particulier ?

Ces errements mettent en lumière notre incapacité collective à dire les fondements et les buts d’une politique locale de la jeunesse.

C’est parce que l’Adels entend les acteurs locaux regretter l’absence de jeunes dans les instances participatives et les lieux où s’élaborent des projets de territoires que l’association a décidé d’ouvrir un séminaire consacré aux politiques locales de la jeunesse. Son objectif est de regrouper élus, chefs de service, cadres bénévoles ou salariés d’associations.

Avec l’apport de spécialistes universitaires ou de terrain qui éclaireront leurs questions et leurs expériences, le groupe proposera un diagnostic de cette présence / absence des jeunes dans la société, la vie urbaine et rurale, les institutions et les associations qui maillent les relations sociales. Est-ce ambitieux de leur proposer d’essayer de nommer le conflit, pour peut-être le dépasser et envisager des pistes d’action ? Les récentes propositions gouvernementales visant à assujettir les travailleurs sociaux et à les transformer en auxiliaires de police montrent en tout cas qu’il y a urgence.

La non-politique crée des vides que ne tardent pas à combler d’autres énergies, consacrées au délitement du corps social, au renoncement à co-produire de l’intelligence collective, quitte à détruire brutalement ce que des professionnels ont patiemment entrepris depuis que l’idée de prévention prévaut sur celle de répression institutionnelle.

Bernard Deljarrie, président de l’Adels

Un enjeu essentiel pour l’action publique

La question de la jeunesse apparaît comme un enjeu essentiel pour l’action publique, d’autant qu’on assiste aujourd’hui à une aggravation de la fracture générationnelle, renforcée par la "crise" dont les jeunes sont particulièrement victimes. La tentation peut être grande alors de voir se renforcer dans ce contexte une image de la jeunesse comme danger.

Il apparaît à l’Injep que sur fond de recompositions territoriales et politiques, parallèlement au rôle de l’Etat, c’est sur les territoires que peuvent se mettre en place des dynamiques mobilisatrices où les acteurs expérimentent d’autres manières de penser le développement des territoires, non seulement en direction des jeunes mais avec les jeunes - le rôle de ces derniers cessant d’être celui de bénéficiaire ou d’usager : une place légitime d’acteurs des politiques de jeunesse leur étant reconnue.

Les professionnels comme les bénévoles sont confrontés à des évolutions constantes et rapides d’identité de métier qui modifient leur posture d’acteur. La mise en place de moyens, d’outils théoriques et de démarches méthodologiques appropriées devient nécessaire à l’analyse du territoire et des publics, à la conception des politiques de jeunesse.
Ces dynamiques ne peuvent prendre sens que si les élus sont partie prenante voire ont un rôle moteur dans ces évolutions.

C’est pourquoi il a semblé pertinent à l’Injep, parallèlement à ses autres formations ou interventions (www.Injep.fr), dans une logique de mobilisation des acteurs et dans une logique participative, d’engager un partenariat au travers de ce séminaire avec l’ADELS pour contribuer à ces évolutions.

Jean-Claude Richez
responsable de l’Unité de la Recherche, des Etudes
et de la Formation de l’Injep

Fondements du séminaire

- Des jeunes absents des lieux et des "offres de participation

Les partenaires associatifs et institutionnels de l’Adels et de l’INJEP - élus, fonctionnaires d’Etat ou territoriaux, professionnels et bénévoles, anima-teurs d’instances participatives de quartier et d’équipements de proximité - sont nombreux à constater que les jeunes sont absents de ces lieux et ne se retrouvent pas, en général, dans les "offres de participation" construites pour eux sur les différents champs des politiques publiques locales.

- De la stigmatisation à l’abandon

Les dysfonctionnements constatés, en termes de participation, de dialogue, de vie sociale, de stigmatisation de la jeunesse ou de certains groupes de cette jeunesse, outre les mal-être et la crise profonde qu’ils révèlent, conduisent certains, aujourd’hui, à théoriser sur l’idée qu’une génération, pour la première fois, a peur de ses enfants. En découlent parfois des choix politiques, explicites ou implicites, qui confinent à l’abandon volontaire de catégories de jeunes. L’inadaptation des politiques publiques aux problématiques de la jeunesse, parfois leur inexistence, sont avérées.

- Un déficit de citoyenneté ?

Déficit de citoyenneté d’une partie de la population ? Manque de capacité à se projeter dans l’avenir, dans la société, dans des projets communs ou collectifs ? Angoisse diffuse et représentations d’une jeunesse qui génèrent aujourd’hui la peur voire "l’effroi", mais dont les nouveaux modes de socialisation sont peu interrogés ?

- Les jeunes : une ressource indispensable des territoires, à mobiliser

Le simple examen des conditions dans lesquelles ces questions émergent est déjà porteur de sens. Faut-il retourner la question et chercher à comprendre en quoi les jeunes sont une ressource indispensable pour nos territoires, une ressource qu’il faut chercher à mobiliser ? En quoi, lorsqu’on écoute attentivement la perception qu’ils ont du territoire, peuvent-ils participer à son développement ?

- Le séminaire "politiques locales de la jeunesse" est basé sur un triple constat :

• un fond de souffrance et de désarroi des professionnels, pris en étau entre règles professionnelles, commandes institutionnelles et difficultés d’une maîtrise du quotidien ;
• la nécessité de substituer aux approches en termes d’ordre social qui orientent souvent de manière univoque l’action publique en direction des jeunes, une approche en termes d’accès à l’autonomie et de reconnaissance dans les politiques locales de la jeunesse.
• un fond peu analysé et peu accompagné de pratiques nouvelles, mises en place en silence par les élus et professionnels qui ne se résignent pas à la "dualisation", la stigmatisation, voire la relégation d’une partie de la jeunesse.

Adels, 108-110 rue St Maur - 75 011 Paris - www.adels.org

INJEP : 11 rue Paul Leplat - 78 160 Marly-le-Roy - www.Injep.fr

Objectifs du séminaire
Dispositif du séminaire
questionnaire : terrain et engagement professionnel

Les modalités techniques et le contenu du séminaire seront pour une part élaborés par les participants eux-mêmes, autour de la proposition initiale (dossiers en fichiers joints)

Mis à jour : mercredi 29 mars 2006

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