Deux interventions publiques à propos des Conseils Consultatifs de Quartier

Quatre Moulins
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Les deux articles ont été présentés :
- l’un au Conseil Consultatif de quartier de la Rive Droite qui a eu lieu le 18 mars 2005, à la Mairie de Quartier,
- l’autre à l’Assemblée Générale de l’ORB (Office des Retraités Brestois) qui a eu lieu le 30 mars 2005, à l’Hôtel de Ville.

Conseil Consultatif de quartier de la Rive Droite - Les rencontres de Niort

( Texte présenté au Conseil Consultatif de Quartier (CCQ) Rive droite pour la réunion plénière du 18 mars 2005).

Je dois donc vous présenter succinctement les « rencontres de la démocratie locale » qui se sont déroulées à Niort les 28 et 29 janvier 2005.

J’ai rédigé un article de fond sur les leçons tirées qui est diffusé sur le site internet « participation » de notre ville ; je ne le reprends pas ici, je souhaite plutôt vous rapporter la manière dont se conçoivent ailleurs les CCQ.

Tout d’abord, malheur aux absents ! c’était tellement intéressant que pour la prochaine fois, je recommande une plus forte participation : nous étions seulement 13, chiffre réputé négatif si l’on est à table, mais positif si on s’intéresse aux jeux ; nous devons cette ambiguité à notre maire, Jacques qui s’était décommandé pour cause de grippe.

Les rencontres se composaient d’ateliers et de forums où chacun s’est s’exprimé selon la procédure classique des grands rassemblements : nous étions environ 600 nationaux.
Je suis allé m’inscrire à un premier atelier de 30 personnes environ qui souhaitaient échanger sur des données dont nous parlons souvent au bureau :
-  qui s’engage dans cette instance participative ? et qu’elle est alors la légitimité du CCQ ?
-  comment cette instance participe à la décision publique locale ? qu’elle est son influence ?
-  comment améliorer la participation ?
Comme vous vous en doutez les réponses ont été d’une grande variété, variété due à la palette de structures des CCQ qui vont du CCQ structuré (c’est notre cas) au CCQ flottant / consensuel, le tout avec des chevauchements propres à générer des dysfonctionnements dont la cause qui me paraît essentielle est le voisinage avec des comités de quartier et des conseils d’animation de quartier.
Il y a aussi de plus, le cas de ceux qui ont été dotés d’un budget autonome pour financer leurs micro-projets d’initiative.

L’amélioration de la participation bien comprise, pour la plupart des CCQ passe par une meilleure lisibilité de leurs actions ( il ne suffit pas de dire que le CCQ a été interrogé ), il est indispensable de donner une tracabilité de sa proposition jusqu’à la décision finale prise par le Conseil Municipal.

L’amélioration est aussi vécue comme la gestion du temps citoyen, entre la proposition du CCQ et la prise de décision. D’une manière générale le « laissez-nous le temps » prononcé par les décideurs, est mal vécu par les membres des CCQ qui ont été légitimés par le Conseil Municipal, alors que les membres de ce même CCQ ont la difficile tache de gagner leur propre légitimité auprès des habitants.

La typologie des élus a aussi été soulignée comme influente par les participants qui ont catégorisé : les élus « écoutants », les élus « référents » et enfin les élus « présidents ».

Cette typologie déterminant l’offre de participation que fait le Conseil Municipal aux CCQ.

Il a été beaucoup question de formation, qui est de plus - à mon avis - une pièce maîtresse de la gestion de la relation. La formation mutuelle, c’est capital ; elle permet la co-construction avec une volonté de débat bien sentie.

Notre ville faisant dans ce domaine, un effort au dessus de la moyenne pour les CCQ, je ne m’étends pas.
Le samedi matin, voulant donner un liant à tout ce que j’avais entendu, je me suis dirigé vers l’atelier n°11 ( il y en avait 17 ) qui traitait de « la place de la société civile, sa prise en compte par le pouvoir politique et le pouvoir économique ».

C’est un sujet difficile, il demande la recherche de la juste place de la société civile, en la confrontant aux réalités de notre terrain d’exercice citoyen.
Si j’ai bien tout compris, il s’agit à partir des besoins et des acteurs en présence de mettre en place une sorte de management par les valeurs, pour aider à trouver un domaine commun aux territoires
économique, politique et société civile, là ou se trouverait le « mieux-être ».

Avant de quitter Niort, j’ai cherché à savoir qu’elles étaient les préoccupations de nos amis du CCQ niortais : je vous fais une lecture partielle de leurs priorités 2005, vous verrez avec plaisir que nos Conseils d’Habitants de Saint-Pierre ont des vues identiques pour résoudre des problèmes communs.

Preuve, comme disait Jean Quéméneur que nous sommes peut-être sur le chemin du mieux-être collectif.

L’Office des Retraités Brestois ( ORB) et la Coordination des Conseils Consultatifs de Quartiers ( 3CQ).

( texte présenté à l’Assemblée Générale de l’ORB, le mercredi 30 mars 2005).

Les comptes-rendus qui accompagnent la mise en œuvre des Conseils Consultatifs de Quartiers à Brest ont montré, après un peu plus d’un an de fonctionnement, que les actions souhaitées ou menées par les habitants, naissaient souvent à partir de problématiques immédiates et identiques.

Ce constat a donné l’idée au Bureau de l’ORB de mettre en place - en son sein - une coordination des membres de l’ORB, qui sont élus des Conseils Consultatifs des quartiers de Brest.
Il s’agit de permettre aux retraités de l’ORB de « s’occuper » de leur ville, en tentant de trouver des solutions citoyennes communes et à tout le moins, d’échanger des expériences.
La coordination de l’ORB s’est réunie deux fois ; elle a rédigé une note de « bonne pratique » pour se forger au fil du temps une culture partagée qui devrait la faire gagner en légitimité.
Le groupe de volontaires devra s’accoutumer à débattre de l’intérêt général de l’ensemble des quartiers, ce qui reste encore - aujourd’hui - un exercice difficile.

Dans les quartiers brestois, des commissions se sont créées spontanément ; là, on a touché du doigt la difficulté de recenser les personnes âgées isolées ; ici, on s’est exercé à la lecture de dossiers techniques. Le besoin de savoir innover et de se former a montré rapidement le bout de son nez.
Les premiers échanges avec les élus ont eut lieu sur les terrains de la propreté et de la circulation dans la ville dont les maux visibles sont souvent la conséquence d’incivilités.

La question de la méthode n’est pas anodine dans un contexte où le débat citoyen est confronté à la culture propre de chaque quartier brestois dont nous savons qu’elle est d’une extrême diversité ; mais que dire du foisonnement qui s’est développé aux réunions de Niort en janvier 2005, où les représentants avaient été conviés - par notre Conseil Municipal - à aller rencontrer d’autres modèles de Conseils Consultatifs.
Pour ma part, j’ai rapporté quelques idées pour mieux réussir le travail de conseiller de quartier, je les ai décrits sur le site internet « participation » de la ville de Brest.
Je me suis par ailleurs plongé dans « la marmite des savoir-faire solidaires », création d’une équipe parisienne dont l’originalité tente de répondre à la problématique du transfert d’expérience ; de mémoire, je crois que ce fut aussi la première préoccupation de la coordination de l’ORB. Nul doute que nous en reparlerons à la prochaine réunion, car il ne suffit pas d’aller voir ailleurs pour « pêcher » la bonne solution.

Les retraités forment un groupe de femmes et d’hommes qui savent prendre du recul et qui ont du temps libre ; leur implication dans une démarche de concertation au niveau de la ville, présuppose une information juste et renouvelée, un effort mutuel de tous pour nourrir la connaissance, expertise d’usage qui permet de se situer au juste milieu, seul espace de dialogue et d’action capable de garder en vie l’élan citoyen.

Je crois que l’ORB avait vocation à soutenir cette démarche de coordination au service des autres, la qualité de ses membres et sa volonté statutaire de rassembler appelaient une telle initiative.
Elle ne fait pas doublon avec ce qui existe déjà, elle est complémentaire, ses visées débordent largement les limites des quartiers brestois. Dans ces conditions, notre ambition prochaine pourrait être de réfléchir à une meilleure intégration des personnes en difficulté, en imaginant le recueil de l’avis des personnes qui ne prennent jamais la parole ou à qui on ne le demande pas. Il y va de l’intérêt général bien compris.

Guy Crissin.

Mis à jour : lundi 17 septembre 2007

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