La rencontre des élus du 22 juin sur le thème de "la participation des habitants" est l’occasion de confronter les conceptions et les pratiques locales, elle doit permettre d’engager un réflexion sur les conditions facilitant l’implication des habitants. Les relations sociales ne se forgent pas spontanément, elles sont le résultat d’un processus de construction des relations où les institutions interfèrent largement, notamment par la production de biens publics.
L’organisation de processus participatifs est complexe car elle interroge les modes et les conduites d’appropriation par la population, de questions qui concernent la vie quotidienne, les relations à son cadre de vie mais aussi les formes d’appartenance et de socialisation liées au travail, à l’éducation, à l’espace public.
La Politique de la Ville pose principalement la question de la participation dans le cadre des actions de proximité. Participer suppose de trouver un intérêt à l’intérêt général et implique de se percevoir citoyen trouvant du sens dans les relations sociales et dans les sentiments que l’on éprouve envers son cadre d’habitat et son environnement. Cette situation est à rapprocher des discours sur la territorialisation de l’action publique ou plutôt sur la recherche d’une nouvelle décentralisation territoriale visant à mettre en œuvre une politique de services de qualité face aux besoins des habitants.
De ce fait, la participation se trouve ainsi posée plus souvent en terme d’implication des habitants dans la territorialisation des politiques publiques, qu’en termes de collaboration entre habitants et institutions, ou en termes de participation à la décision. Ainsi en va-t-il de la participation exposée plutôt comme un moyen et une pratique de l’intégration politique à la vie de la cité.
Le fait de pouvoir prendre part dépend beaucoup de la représentation que l’on a de sa place et de la reconnaissance que l’on imagine pouvoir en tirer, et donc de la confiance que l’on peut ressentir envers les institutions et leurs représentants (élus ou organisations publiques).
Bien des démarches actuelles comportent le risque de réduire la participation à un processus technique. Aussi les modes de constitution des instances de concertation et la place qu’elles font à la constitution même d’un processus d’échanges, restent déterminants dans l’usage et l’appropriation que peuvent en faire les habitants.
La démocratie représentative fonctionne sur le principe de la délégation, la mise en œuvre de processus participatifs se fonde sur l’idée que la démocratie représentative n’est plus aujourd’hui suffisante pour répondre à la crise de la citoyenneté (au sens de l’appartenance à une société), et qu’il convient de soutenir le renouveau de la démocratie locale pour promouvoir les représentations collectives nécessaires à la cohésion sociale.



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