LA MAISON BLEUE.

De l’habitat à l’éducation en passant par l’économie, etc., notre territoire se développe par la contribution croisée de la puissance publique, de la vie associative sans oublier l’initiative citoyenne. Celles-ci renforcent la démocratie.

Cette fiche est le résultat d’une analyse comparative des divers entretiens réalisés par Leïla Milandou, stagiaire à la mission Développement Social Urbain de Brest métropole océane.

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Description

La Maison Bleue accueille des familles de détenus, qui sont en majorité des épouses. Elles sont prises en charge par des professionnelles et des bénévoles de la Maison Bleue de deux manières distinctes. Les professionnelles donnent des informations sur le fonctionnement de la Maison d’Arrêt, elles assurent une aide administrative pour l’accès à la Maison d’Arrêt et informent sur l’univers carcéral. Les bénévoles quant à elles, accueillent dans un cadre informel autour d’une table et d’un café.

Dans quel contexte est née l’action ?

La Maison Bleue a été créée en 1991 en parallèle à la création de la Maison d’Arrêt.

Quel cadre a nécessité la mise en oeuvre de l’action ?

Le travail en binôme entre les bénévoles et les salariés permet un accueil et accompagnement dans différents domaines. Les professionnelles accueillent au cas par cas sur rendez-vous tandis que les bénévoles accueillent de façon informelle. L’expérience et les compétences acquises par les bénévoles sont importantes : elles sont souvent issues du monde du travail social et elles continuent à se former à l’UFRAMAD (Association des Maisons d’Accueil de Détenus). Au total il y a 2 professionnelles, 8 bénévoles et 1 psychologue à temps partiel. Celui-ci vient deux demi-journées par semaine pour les usagers. Il fait une analyse de pratique toutes les 6 semaines avec les professionnelles. Il y a également une possibilité d’hébergement, avec deux chambres pour les familles qui viennent de loin.

Dans quel registre de la participation se situe l’action ?

  • Information

Les bénéficiaires de la Maison Bleue reçoivent toutes les informations, l’aide et l’accompagnement dont elles ont besoin. Les professionnelles s’adaptent aux besoins de chaque personne.

A quel enjeu répond l’action ?

  • Amélioration du vivre ensemble : Maintenir le lien familial pendant la détention et favoriser la réinsertion sociale des détenus. Lutter contre l’isolement des femmes qui se retrouvent seules.
  • Evolution des positionnements des habitants : Favoriser la relation parent/enfants pendant la détention de l’autre parent. Informer et aider les parents dans l’éducation des enfants notamment sur la signification de la détention des parents.
  • Renforcement de la démocratie : Réconcilier les bénéficiaires par rapport au contact avec l’administration pénitentiaire ou autre.
  • Orienter les personnes vers les services de droit commun lorsque cela est nécessaire.
  • Capacités personnelles à maîtriser ses choix : faire prendre conscience aux femmes des dangers des violences conjugales subies le cas échéant.

Quelles méthodes participatives ont été employées ?

  1. Choix du lieu : proximité avec la Maison d’Arrêt .Les femmes s’arrêtent à la Maison Bleue avant et après l’entretien.
  2. Disposition du lieu : une cuisine permet un accueil informel par les bénévoles autour d’un café tandis que les bureaux des professionnels sont plus à l’écart.
  3. Les bénéficiaires sont accueilli(e)s telles qu’elles sont, sans jugement.
  4. Les professionnelles et les bénévoles font un travail complémentaire.
  5. Le partenariat avec la Maison d’Arrêt facilite l’information des dossiers au cas par cas par les professionnelles, et permet aux bénéficiaires d’appréhender plus facilement le lieu.

Quels résultats étaient attendus en termes de participation ?

  • Accueillir sans jugement
  • Donner confiance aux familles.
  • Bien informer et orienter les familles

Qu’est ce qui permet d’évaluer les résultats ?

  • La fréquentation du lieu.
  • Les retours des femmes : « Ça nous fait du bien de venir », « Heureusement que vous êtes là ! ».
  • L’attitude des usagers dans la Maison Bleue.

Quels résultats sont obtenus en termes de participation ?

  • 2000 personnes chaque année soit 623 familles en 2011, 30/40 situations nouvelles par mois.
  • Chaque années 800 à 900 personnes entrent dans la Maison d’Arrêt. Les deux tiers d’entre eux sont directement concernés par des proches fréquentant la Maison Bleue.
  • Les familles sont soulagées, rassurées, détendues. Elles ont confiance et savent qu’elles pourront trouver une écoute si besoin. Les familles maîtrisent mieux leur situation quand elles ont été bien informées et orientées.
  • Les habitants et les professionnels de la Maison d’arrêt identifient la Maison bleue et orientent les nouveaux venus vers elle.
  • La Maison Bleue est un lieu qui permet aux usagers de faire le lien, souffler, entre l’avant et l’après la visite à la personne détenue.

SYNTHESE


Le travail de binôme entre professionnels et bénévoles offre un cadre d’accueil aux habitants. Les compétences des bénévoles et leur présence depuis des années est sécurisante pour les bénéficiaires qui peuvent avoir confiance quant à l’anonymat de leur situation personnelle. Le principe de neutralité de rigueur oblige les bénéficiaires à sortir de leur situation individuelle.

Les bénéficiaires reçoivent l’information dont ils ont besoin et sont maintenus dans une dynamique sociale.

Mis à jour : vendredi 30 novembre 2012

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