Entente des locataires rue de Maissin.

De l’habitat à l’éducation en passant par l’économie, etc., notre territoire se développe par la contribution croisée de la puissance publique, de la vie associative sans oublier l’initiative citoyenne. Celles-ci renforcent la démocratie.

Cette fiche est le résultat d’une analyse comparative des divers entretiens réalisés par Leïla Milandou, stagiaire à la mission Développement Social Urbain de Brest métropole océane.

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Description

Suite à la formation de qualification mutuelle, un petit groupe d’habitants de la rue de Maissin a créé une « Entente des locataires », collectif dans le but d’améliorer les relations de voisinage et d’organiser des animations dans le quartier. Lors de la création de l’Entente, il était convenu avec le CCAS que le groupe serait co- géré pendant deux ans et si les actions perduraient, l’entente pourrait prendre son autonomie. Mais jusqu’alors ce n’est pas le cas.

Dans quel contexte est née l’action ?

Les professionnels du quartier ont eu connaissance de problèmes de voisinage et de cohésion dans le quartier. Pour remédier à cela, Suzanne Rosenberg, consultante, a proposé un temps de formation de qualification mutuelle entre des professionnels et les habitants de la rue de Maissin. Cette formation avait pour but d’améliorer les connaissances, compréhension des habitants et des acteurs du quartier et ainsi d’améliorer le vivre ensemble sur le quartier. Les habitants de l’immeuble géré par le CCAS de la rue de Maissin ont été invités à participer à la formation en échange d’une rémunération.

Quel cadre a nécessité la mise en oeuvre de l’action ?

Le CCAS encadre le groupe de l’Entente des locataires et met à disposition un professionnel qui gère la partie administrative et donne les outils au groupe pour organiser les animations.

Dans quel registre de la participation se situe l’action ?

  • Initiative

C’est un habitant qui a proposé de créer le groupe. Cependant cette personne s’est désengagée du groupe car elle souhaitait que le groupe ait un statut associatif et soit plus autonome, ce qui n’est pas le cas jusqu’à aujourd’hui.

A quel enjeu répond l’action ?

Habitant.

  • Amélioration du vivre ensemble : Améliorer la vie de l’immeuble. Faire des demandes de transformations des parties de l’immeuble utiles pour chacun, comme l’installation de barres pour se tenir aux escaliers (pour les personnes handicapées ou âgées). Faire respecter son environnement (la propreté des montées).
  • Responsabilisation et implication dans la vie locale : Défendre les droits des locataires et les informer de leurs devoirs vis-à-vis de la vie en collectivité et des propriétaires.
  • Evolution des positionnements : Organiser des pots de bienvenue et inciter les habitants à s’impliquer dans la vie du quartier.
  • Creation de richesse collective : Améliorer l’espace des locaux communs de l’immeuble.
  • Renforcement de la démocratie : Faire de la médiation et permettre aux locataires d’exprimer leurs demandes auprès du propriétaire ou du gestionnaire des logements.

Professionnel.

  • Amélioration du vivre ensemble : Faire de l’animation sur le quartier.
  • Renforcement de la démocratie : L’usager a les moyens de s’exprimer face au gestionnaire (le CCAS) et au propriétaire (BMH) et avoir un retour favorisant la compréhension.

Quelles méthodes participatives ont été employées ?

  1. Le CCAS propose au groupe un local : il s’agit du local social situé dans l’immeuble de la rue de Maissin.
  2. Le CCAS a utilisé le budget initialement prévu pour la rémunération des habitants à la formation de qualification mutuelle pour financer l’Entente.
  3. Le CCAS met à disposition un professionnel pour encadrer et animer les réunions ainsi que pour gérer le budget.
  4. Le groupe se réunit régulièrement, et plus souvent lorsqu’un projet est en cours.
  5. Un courrier est envoyé aux participants de l’Entente pour rappel des dates et horaires de réunion.
  6. Le groupe se réunit dans la salle principale du local, alors que d’autres locataires fréquentent le lieu au même moment.

Quels résultats étaient attendus en termes de participation ?

 Faire de la médiation en cas de conflits entre locataires ou propriétaire locataire.
 Inciter les locataires à respecter leur environnement.
 Faire connaître l’Entente et que les locataires puissent y faire appel si besoin.
 Les habitants connaissent et identifient l’Entente en cas de besoin ou s’ils souhaitent s’investir.

Qu’est ce qui permet d’évaluer les résultats ?

 Le nombre de médiations effectuées.
 Le nombre de pots d’accueil et de personnes y participant.
 La popularité de l’Entente.

Quels résultats sont obtenus en termes de participation ?

La moitié des nouveaux arrivants sont accueillis par un pot d’accueil organisé chaque trimestre.
Lorsqu’il y a des dégradations des locaux, l’Entente écrit et affiche des courriers dans les montées cependant cela n’a pas d’incidence car l’Entente n’est pas légitime vis-à-vis des locataires. Lorsque le courrier est signé du CCAS les locataires changent de comportement.
Au début, l’Entente intervenait lors de conflits mais elle s’exposait à des représailles par conséquent elle a cessé ses interventions.

SYNTHESE


Un professionnel du CCAS encadre l’Entente mais les membres du groupe souhaite prendre leur indépendance afin d’être plus libres et autonomes et légitimes dans la réalisation des actions. Les habitants veulent construire une nouvelle dynamique autour de l’Entente mais le CCAS freine les envies.

Les objectifs de résolutions de conflit entre les habitants dans l’intérêt général n’ont pas perduré car l’Entente n’avait pas la visibilité ni légitimité nécessaire.

Mis à jour : jeudi 20 décembre 2012

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