Jardin partagé à Bellevue (Brest)

De l’habitat à l’éducation en passant par l’économie, etc., notre territoire se développe par la contribution croisée de la puissance publique, de la vie associative sans oublier l’initiative citoyenne. Celles-ci renforcent la démocratie.

Cette fiche est le résultat d’une analyse comparative des divers entretiens réalisés par Leïla Milandou, stagiaire à la mission Développement Social Urbain de Brest métropole océane.

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Description

Sur le secteur de Kerbernier à Bellevue, situé à côté d’un espace de jeux multisports, un jardin partagé est actif depuis le printemps 2012. Il est utilisé prioritairement par des habitants et des associations du quartier. Il existe des parcelles collectives et individuelles.

Dans quel contexte est née l’action ?

Les observations du territoire de Bellevue pointaient l’isolement sur le quartier et le besoin de mettre en place des espaces favorisant le lien social. Un premier groupe d’habitants intéressés s’est fait connaître pour partager un jardin et créer ainsi du lien social. Un premier espace avait été envisagé mais n’a pas été retenu en raison du refus fortement exprimé par des riverains. L’Elue du quartier a finalement trouvé un autre emplacement, ce qui a relancé le projet deux ans plus tard avec un nouveau groupe de 7/8 personnes souhaitant jardiner.

Quel cadre a nécessité la mise en oeuvre de l’action ?

Un nouveau groupe d’habitants a été constitué avec l’appui du centre social de Bellevue et le soutien technique de Vert le Jardin. Une convention tripartite a été signée entre Brest métropole Habitat qui est propriétaire du terrain, le comité d’usagers du Centre Social Kanaveden de Bellevue duquel les jardiniers sont adhérents et Brest métropole océane.

Une jeune en service civique au Centre Social, a été chargée d’organiser et animer les réunions.

BMH a mis le terrain à disposition des jardiniers.

La structure de quartier a aidé à porter le projet : cela permet aux jardiniers de se consacrer au jardinage sans avoir à gérer des tâches administratives et d’assurer le bon fonctionnement du jardin et son accessibilité à tous.

Dans le cadre du partenariat avec Vert le Jardin, les jardiniers s’engagent à respecter la charte des jardins partagés mais aussi le règlement intérieur du jardin qu’ils ont rédigé.

Dans quel registre de la participation se situe l’action ?

  • Concertation

Dans le registre d’une concertation des éléments sont négociables d’autres pas.

Les habitants n’ont pas eu le choix du terrain, de la surface des parcelles individuelles ni du budget alloué. Ils doivent respecter les règles de la charte concernant la gestion des jardins partagés : ils n’ont pas le choix de la taille des parcelles, le jardin partagé ne doit pas avoir de haies afin de le laisser ouvert à tous.

Cependant, les jardiniers ont la main libre de faire vivre le lieu.

Les décisions concernant le fonctionnement du jardin sont prises à la majorité du groupe.

A quel enjeu répond l’action ?

Habitant :

  • « Satisfaction personnelle » : Aller au jardin pour son loisirs, c’est une activité comme une autre. Pour une autre personne, il s’agit de compléter sa consommation alimentaire.
  • Amélioration du vivre ensemble : Partager des moments ensemble, des savoirs, avec les jardiniers mais aussi les habitants du quartier.

Professionnel :

  • Amélioration du vivre ensemble : Création de lien social, faire sortir les gens de chez eux et de l’isolement. Accepter les différences.
  • Renforcement de la démocratie : Monter des projets ensemble, respecter les autres, paroles et opinions, prendre des décisions ensemble.

Quelles méthodes participatives ont été employées ?

  1. Des informations et invitations sont distribuées dans les boites aux lettres du quartier.
  2. Une réunion d’information est organisée pour recenser les volontaires.
  3. La référente du centre social organise les réunions, invite et accompagne le groupe.
  4. Elle répartit les rôles des participants aux réunions et aux activités extérieures qui ont trait au jardin.
  5. Une partie du groupe établit une demande de subvention FAIL pour obtenir des outils.
  6. L’équipe de jardiniers a passé une après-midi à ramasser des cailloux dans le jardin pour préparer le passage des espaces verts.
  7. Le Centre Social gardait les clés du cabanon, puis les habitants ont demandé à ce qu’on leur fasse confiance et les ont obtenues.
  8. La répartition des parcelles a été effectuée par tirage au sort.

Quels résultats étaient attendus en termes de participation ?

  • Autonomie du groupe de jardiniers pour animer et faire vivre le jardin.
  • Ouverture du jardin sur le quartier
  • Présence des habitants riverains, curieux, qui viennent voir ce qui se passe.
  • Engagement des jardiniers sur du long terme
  • Entretien des parcelles.

Qu’est ce qui permet d’évaluer les résultats ?

  • L’ambiance du groupe et le respect de chacun.
  • Les habitants du voisinage acceptent la création du jardin partagé en bas de chez eux.

Quels résultats sont obtenus en termes de participation ?

Les jardiniers participent aux réunions, jardinent régulièrement et sont satisfaits de leur participation au groupe.

Le groupe demande aux professionnels de lui faire confiance quant à l’obtention des clés du cabanon qui permettent une autonomie dans la pratique. Les habitants expriment un désir d’autonomie pour jardiner.

Des liens se créent avec le voisinage, des gens passent, viennent discuter, sont curieux de découvrir certaines plantes.

SYNTHESE


L’équilibre trouvé entre les jardiniers et l’équipement de quartier garantit le bon fonctionnement du jardin partagé. Un professionnel accompagne le groupe et l’aide à s’organiser. Sa présence est limitée à l’organisation des réunions et au suivi des dossiers, il ne s’immisce pas dans la vie du groupe ni du jardin.

La volonté d’une plus grande autonomie des habitants peut représenter un risque de désengagement de leur part s’ils ne ressentent pas la confiance sur leur capacité à porter leur projet de la part de l’équipement et des professionnels.

Mis à jour : mercredi 26 décembre 2012

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