Gestion urbaine de proximité : Diagnostic en marchant à Pontanezen

De l’habitat à l’éducation en passant par l’économie, etc., notre territoire se développe par la contribution croisée de la puissance publique, de la vie associative sans oublier l’initiative citoyenne. Celles-ci renforcent la démocratie.

Cette fiche est le résultat d’une analyse comparative des divers entretiens réalisés par Leïla Milandou, stagiaire à la mission Développement Social Urbain de Brest métropole océane.

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Description

Le diagnostic en marchant est un parcours à pieds effectué par un groupe d’habitants et de professionnels dans le quartier. Dans le cas présent, un cabinet de professionnel est chargé de recueillir les réflexions, remarques et/ou requêtes des habitants concernant l’environnement dans lequel ils vivent et ce qu’il serait souhaitable d’améliorer. Sur le quartier te Pontanezen, 5/6 habitants et une dizaine de professionnels ont participé à cette démarche en octobre 2011.

Dans quel contexte est née l’action ?

L’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine (ANRU) initie une démarche de Gestion Urbaine de Proximité dans les quartiers en opération de renouvellement urbain.

Quel cadre a nécessité la mise en oeuvre de l’action ?

Le cadre légal oblige les villes à organiser des diagnostics en marchant dans les quartiers en ORU. Un cabinet privé a été a été financé par l’Acsé pour effectuer le diagnostic en partenariat avec la Mairie de Quartier de l’Europe et les habitants volontaires.

Dans quel registre de la participation se situe l’action ?

  • Consultation

Les professionnels demandent l’avis des habitants mais cela n’a pas d’effets sur des rénovations par la suite.

Habitant.

« Il y a eu beaucoup de paroles mais rien derrière ». « On dirait que ce genre de réunion est obligatoire dans le cadre d’une loi mais ça devient une routine ».

A quel enjeu répond l’action ?

Professionnel :

  • Renforcement de la démocratie : donner son point de vue.
  • Responsabilisation et implication dans la vie locale : Les habitants et les professionnels se prennent en charge et se mobilisent pour trouver des solutions.
  • Evolution des positionnements des habitants : il s’agit d’apporter des éléments de compréhension aux habitants.

Habitant : (Une personne interrogée)

  • Renforcement de la démocratie : La personne interrogée voulait recueillir les avis des habitants de sa montée d’immeuble et les représenter lors du diagnostic mais cela n’a pas fonctionné.
  • Amélioration du vivre ensemble : Faire connaître les défaillances dans son environnement (ex : la rampe d’accès pour les personnes à mobilité réduite est difficilement praticable ; la gouttière déverse l’eau au-dessus de la porte d’entrée).
  • Evolution des positionnements des habitants : Elle était curieuse de connaître son quartier.

Quelles méthodes participatives ont été employées ?

  1. Distribution de prospectus d’information dans les boites aux lettres.
  2. Donner un point de rendez-vous dans un lieu central du quartier : le Centre Social l’Escale.
  3. Un parcours a été prédéfini et la Mairie de Quartier.
  4. Le groupe s’arrête et prend des notes lorsqu’une remarque est énoncée. Les professionnels du cabinet notent les remarques au fur et à mesure. Les habitants prennent des notes sur des fiches qu’ils remettent à la fin aux professionnels du cabinet.
  5. Deux semaines plus tard, une réunion bilan en présence des participants est organisée.

Quels résultats étaient attendus en termes de participation ?

  • Présence des habitants du quartier.
  • Remplissage des fiches de questions et expression sur les points à améliorer.

Qu’est ce qui permet d’évaluer les résultats ?

  • Le nombre de personnes présentes.
  • La proportion habitants / professionnels.
  • Le nombre de fiches rendues au cabinet à la fin du parcours.

Quels résultats sont obtenus en termes de participation ?

Seulement cinq ou six habitants et une dizaine de professionnels étaient présents. Il n’y a pas eu assez d’habitants participants. Les professionnels sont sur-représentés par rapport aux habitants.

Certains habitants sont des membres du conseil consultatif de quartier. Ceux-ci se connaissaient et discutaient ensemble d’autre chose que du parcours. Le fait qu’un groupe se connaisse pouvait engendrer de l’autocensure pour les autres habitants.

Les fiches ne sont pas toutes remplies car certains ont des difficultés d’écriture.

Les professionnels peut-être n’ont pas beaucoup parlé pour ne pas montrer aux habitants les problèmes du quartier.

SYNTHESE


Les organisateurs de la Mairie n’avaient pas la main sur l’organisation générale et n’ont pas pu créer le lien voulu avec les habitants.

Aucun enjeu en matière de participation des habitants n’a été atteint.

Les conditions n’étaient pas réunies pour permettre aux habitants et aux professionnels d’être force de proposition. Le fait que les habitants soient tous membres du CCQ de l’Europe ne favorisait pas un discours divers et varié.

Mis à jour : lundi 10 décembre 2012

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