Bilan annuel des conseils de quartier

Un an de conseils de quartier à Brest : " un apprentissage en marche"

Conseil municipal du 3 décembre 2004

Texte de l’intervention de Michel Briand en introduction à l’intervention des conseillers de quartier et du débat au conseil municipal du 3 décembre.

Monsieur le maire, mesdames, messieurs les élu-e-s,
mesdames messieurs les conseillers de quartier

Pour la première année nous allons entendre le rapport des conseils de quartier de la ville de Brest. Nous avons souhaité que ce rapport soit l’occasion d’une prise de parole de chacun des conseils de quartier. Aussi après cette introduction, avec mes collègues, adjoints en charge des mairies de quartier nous vous proposons une interruption de séance pour permettre l’intervention d’un membre de chacun des 6 conseils de quartier.

Six conseils de quartier, cela représente plus de 300 personnes qui ont choisi de s’impliquer dans la discussion, les projets pour l’amélioration de la vie dans la cité. Et en préalable à ce premier rapport annuel, je voudrais remercier chaleureu-sement les habitant-e-s, les membres des associations, les personnes qualifiées et les élu-e-s qui par leur temps, leur envie de participer, leur énergie font vivre les conseils de quartier de Brest.

Le fonctionnement des conseils n’aurait pas été possible sans la forte implica-tion des personnels des mairies de quartier qui ont eu à préparer les réunions, accueillir conseillers et permanences, rédiger les compte-rendus, faire le lien avec les services de la ville et de la communuaté urbaine, donc merci à elles et eux aussi.

Pour mettre en place ces conseils de quartier au printemps 2003 des choix ont été faits : le nombre de quartiers, les collèges qui composent les conseils, l’effort pour la partité et a participation des jeunes, le bureau ouvert présidé par le maire-adjoint du quartier etc. Les échanges et rencontres que nous avons pu avoir nous ont montré la grande diversité des choix : un plus grand nombre de conseils ici, un fonctionnement sur la base du volontariat là ...l’histoire de chaque ville, l’existence ou non de mairies de quartiers expliquent cette diversité.

Mais toutes les villes se retrouvent sur l’essentiel : les conseils de quartier correspondent à une réelle attente, des centaines d’habitants et de membres d’associations s’y impliquent et une culture de dialogue reliant conseiller-e-s élu-e-s et services s’y construit progressivement.

A Brest, les conseils de quartier ne sont pas le seul lieu de participation dans les quartiers. Les commisions cadre de vie,les visites de quartiers, les opérations de réhabilitation urbaine sont aussi l’occasion de faire avancer une culture de l’infor-mation et du débat où la concertation prend une place croissante. Je voudrais dire un mot particulier pour le travail de proximité mené depuis trois ans dans le cadre du projet éducatif local. Des dizaines d’initiatives ont ainsi été discutées dans une approche transversale dans des groupes de quartier réunissant associations de parents, responsables d’écoles et collèges, animateurs des équipements de quartiers, associations d’éducation.

Je ne reprendrai pas ici les données chiffrées détaillées dans le document. Les élu-e-s qui participent au conseil savent que les réunions sont régulières avec une forte participation. Dans chaque conseil un bureau et des commissions se sont mis en place pour avancer entre deux réunions sur les sujets d’intérêts définis par les conseiller-e-s de quartier.

Durant cette première année la place des réunions d’information a été particulièrement importante parce que la collectivité locale est une structure importante, riche de l’action de milliers de personnes et, comme pour nous conseiller-e-s municipaux un apprentissage de son fonctionnement est indispensable. Dans chaque quartier il a fallu passer par cette étape d’information ici sur les personnes âgées, là le fonctionnement de l’usine d’incinération ou la découverte du quartier. Je tiens à remercier les services qui ont toujours répondu à ces demandes et fourni des présentations de qualité.
Aujourd’hui et les interventions des conseillers tout à l’heure seront peut-être l’occasion de l’exprimer, l’attente des conseillers de quartier est aussi tournée vers davantage d’action, de capacité à proposer.
- A quoi servons nous ?
- Comment faire prendre en compte les demandes reçues ?
- Comment faire qu’un projet puisse être entendu par les élus et les services ?

L’animation de fêtes de quartier, la concertation revendiquée sur la réorganisation des lignes de bus, l’information et la possibilité de débattre en amont des décisions sont parmi les initiatives en discussion aujourd’hui.

Et pour cette seconde année des conseils de quartier, le souci de relier information, dialogue, concertation et pourquoi pas co-construction de projets témoigne d’un dynamisme et d’une avancée des conseils de quartier qu’il nous appartient en tant qu’élu-e d’accompagner et d’aider à se concrétiser, quartier par quartier.
Pour autant tout cela n’est pas évident, à Brest comme ailleurs le dialogue entre les conseils, les élu-e-s et les services, le fonctionnement d’un conseil de quartier est un apprentissage collectif.

Les conseiller-e-s ont exprimé le besoin de formation et plus d’une dizaine de modules sont en place dès cette année pour accompagner les conseillers dans la prise de parole, l’animation de réunion, l’expression écrite. Une trentaine de personnes ont déjà participé aux deux modules sur l’écrit.

Si chaque conseil a son rythme propre nous avons néanmoins souhaité un travail en réseau :
- un journal a été mis en place par le groupe « formation - information » ,
- le site internet participation-brest.net est ouvert à l’écriture des conseillers de quartier et donne à voir - l’ensemble des compte-rendus de réunion,
- la question des déplacements fait l’objet d’un groupe inter quartier,
- les séquences d’information et de formation sont également transversales pour permettre aux acteur-ice-s des différents quartiers de se rencontrer.

Et je terminerai en disant un mot de la mise en place des conseils d’habitants sur l’un des quartiers, celui de la rive droite qui compte 40 000 habitants. Pour introduire une proximité que nous étions nombreux à souhaiter, 7 conseils d’habitants se mettent en place sur St Pierre, Kérangoff, Recouvrance, Kerourien-le Valy hir, La Cavale Blanche, Quéliverzan, les quatre moulins. Construits autour des conseillers de chacun de ces 7 quartiers, ces conseils d’habitants ouvrent la possibilité d’un dialogue de proximité avec les associations du quartier, les habitants qui le souhaitent.

Et je suis persuadé que les conseils de quartier à Brest sont une richesse pour la ville. Le dialogue, la concertation n’ont jamais été une perte de temps, un frein aux projets. Nous avons tous à gagner à relier et confronter l’expertise technique des services à l’expertise d’usage des habitants et acteurs des quartiers. C’est sur cet espoir que nous saurons prendre en compte les initiatives et les projets portés par les conseils de quartier comme complémentaires aux projets portés par les élu-e-s que je souhaite maintenant laisser la parole à chacun des conseils de quartier.

Mis à jour : samedi 18 décembre 2004

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