Travail avec les habitants

pour une capitalisation des savoir-faire
Un premier travail de capitalisation d’expérience a été réalisé en 2000, à Brest, par l’Aures. Il s’agissait de poser la méthode d’une démarche de capitalisation des savoir-faire en matière d’initiative des habitants.

POURQUOI UNE DEMARCHE DE CAPITALISATION ?

La citoyenneté est un des quatre enjeux prioritaires du contrat de ville. Il est affiché comme un objectif fort des différents signataires du contrat : en particulier de la Ville de Brest, de la CAF, de l’Office HLM, de l’Etat local...

1. Objectif à prendre en compte en interne dans les démarches engagées par chacun

2. Objectif à prendre en compte de façon partagée à travers le contrat.

La déclinaison concrète de cet objectif a plutôt valorisé les associations et souligné l’importance du soutien à leurs projets et la formation des bénévoles. en 1999, l’évaluation du contrat de ville fait état d’avancées réelles mais aussi des limites des impacts de cette priorité sur l’implication des habitants à travers la vie associative.

Aussi, la ville de Brest a souhaité expliciter et valoriser d’autres modes plus diffus de travail avec les habitants
- à l’occasion de projets de transformation physique des quartiers ou du développement de nouvelles prestations de service aux habitants,
- à l’occasion des nombreuses relations quotidiennes entretenues par les acteurs associatifs, professionnels, politiques du contrat de ville.

Il y a là conscience que l’on ne part pas de rien et que chaque acteur professionnel contribue, sans toujours le savoir, à renforcer ou à réduire la prise de responsabilités des habitants dans les décisions qui les concernent. Mais aussi, conscience que les pratiques ne sont pas assez lisibles, pas suffisamment partagées, au risque de se perdre (perte de la mémoire) et donc de ne pas pouvoir se consolider pour se diffuser et enrichir l’action future.

Pour ce premier travail de capitalisation des savoir-faire, la question était d’autant plus importante qu’elle était posée à un an de la fin du contrat, après l’exercice d’évaluation, au moment où allait se préparer le nouveau contrat dans un cadre national redéfini : tant à Brest qu’au niveau national, la volonté politique était de sortir de l’expérimentation pour renforcer l’adaptation des pratiques ordinaires de droit commun.

POURQUOI L’OBJECTIF NOUS EST APPARU PARTICULIEREMENT ADAPTE POUR FAIRE UN POINT D’ETAPE SUR BREST ?

Nous nous référons à la définition que propose Pierre Zutter (in. : des histoires, des savoirs et des hommes - FPH dossier N°35 de juillet 1994).

- Capitaliser, c’est transformer en connaissance l’expérience que l’on a accumulée. Les premiers bénéficiaires de la capitalisation sont d’abord ceux qui capitalisent, il s’agit d’une forme d’auto-formation qui se fait nécessairement en collectif pour débattre, entendre les différentes opinions, et surtout réussir à exprimer, à clarifier ce qui est latent.
- Capitaliser, c’est raconter une histoire avec ses difficultés, ses avancées, ses conflits, ses blocages... C’est un moyen de prendre du recul pour surmonter les difficultés vécues, distinguer l’émotion de la connaissance acquise...
- Capitaliser c’est un moyen de contribuer à l’auto-formation des autres, car c’est un processus qui relate la manière selon laquelle chaque participant a acquis de l’expérience ; il donne envie à chacun de retrouver son propre apprentissage.

L’objectif de la capitalisation est donc, d’abord, de recueillir et diffuser des connaissances pour l’action :

- dans le but de développer les savoirs des acteurs et leur donner une vision plus globale de leur action,
- dans le but de développer leur savoir-faire (les métiers, les pratiques...),
- dans le but de développer leur capacité d’agir (pouvoir de négociation, de conviction).

En ce sens, la capitalisation contribue à dépasser le clivage traditionnel entre connaissance théorique et pratique ; elle offre aux acteurs des cadres de références et des critères accessibles à partir de leur position concrète d’acteur et d’une réflexion théorique.

C’est ce type de démarche que nous avons appliqué sur Brest.

OBJECTIFS DU TRAVAIL DE CAPITALISATION SUR BREST

Il s’est agi de mettre des acteurs volontaires du Contrat de Ville brestois en position d’analyse collective des actions et des démarches auxquelles ils ont contribué pour en produire des enseignements sur les méthodes, les processus, les conditions de réussite. Parmi ces enseignements, se sont dégagés des points communs qui renforcent la culture commune propre à ces acteurs (système de valeurs, méthodes et outils, réseaux de relations, actions partagées...). En particulier, le travail doit permettre d’améliorer les dispositifs et processus locaux au sens de P. Zutter (produire des connaissances pour développer les savoirs, les savoir-faire, les capacités d’agir...)

Nous avons donc travaillé concrètement à partir de trois groupes d’actions choisies dans trois registres différents :
- la démocratie locale, les commissions de cadre de vie...
- les modes d’expression d’habitants et les pratiques culturelles de proximité.
- les initiatives de développement social, les prestations de services aux habitants, l’économie sociale et solidaire.

Sur chacune des actions retenues, nous avons interrogé les relations au sein du système local (habitants/professionnels/élus)

- Quelles ont été les intentions et les objectifs des initiateurs de chaque projet ? Quels moyens ont été délibérément mis en œuvre ?
- Comment les institutions et leurs organisations, parties prenantes du Contrat de Ville, se sont organisées ?
- Comment les habitants se sont retrouvés autour des projets ?
- Quel rôle ont joué les élus ? Autrement dit, comment a pu s’opérer un croisement plus ou moins favorisant et fructueux de ces trois pôles au service du projet identifié ?
- Où se sont situés les points de blocage et de difficultés, comment ont-ils été levés ?

La démarche a interrogé la place particulière prise par le dispositif politique et technique du contrat de Ville : les différentes fonctions ayant permis de mettre en relation, dynamiser, faciliter, qualifier, développer...

Au-delà, la démarche esquisse des perspectives pour l’organisation locale des politiques publiques : en quoi peut-on tirer de cette démarche modeste de capitalisation quelques principes généraux d’organisation, de relations, de contractualisation avec les associations et les groupes d’habitants pour pérenniser les dynamiques ?

LA METHODE PROPOSEE PAR L’AURES

Une première rencontre préalable avec l’équipe Contrat de Ville, les élus, le Secrétaire Général de la Ville, la CAF, l’OPAC, la DDE et le Conseil Général. Elle a permis de clarifier et qualifier les intentions de la commande et de préciser la méthodologie à mettre en œuvre :
- choix des 9 actions
- composition des 9 groupes de travail
- l’information sur la démarche et sa facilitation

L’animation des 9 groupes de travail en deux réunions chacun (17 réunions en tout) : Une pour raconter l’histoire des projets, l’autre pour pointer les nœuds, analyser les processus. Une attention particulière a été recherchée pour équilibrer la composition des groupes, en particulier pour renforcer le statut des habitants et bien identifier leur intérêt à participer, et produire de la dynamique. Chaque plage de travail a fait l’objet d’un compte rendu détaillé soumis à la validation expresse des participants, l’exercice a permis d’approfondir l’analyse des actions.

Les 9 actions capitalisées sont les suivantes (les fiches de capitalisation sont disponibles ci-contre) :
- les mercredis après-midi à Kérédern

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Les 9 fiches de capitalisations

- la commmission cadre de vie à Pontanézen
- le réseau de soutien aux créateurs d’entreprises
- la formation des copropriétaires
- le lieu 3-12 ans à Pontanézen
- le local-jeunes de Kerbernier
- les sorties familiales de Kérourien
- le permis de conduire à Kéranroux
- la Z’maine des cultures urbaines

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Les analyses transversales

L’analyse transversale des productions des groupes a fait l’objet d’un rapport de synthèse présenté devant l’ensemble des participants en séminaire le 14 décembre 1999 au port du Moulin Blanc. Les 5 principes de l’analyse transversale sont disponibles en téléchargement ci-contre.

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Les observations transversales

D’autre part la capitalisation des 9 actions a engendré des observations transversales (disponibles en téléchargement ci-contre)

Un second travail de capitalisation a été effectué en 2004 : il concerne une trentaine de projets. pour consulter les fiches de capitalisation de ces projets, se repporter à l’article "capitalisation des savoir-faire : fiches de capitalisation"
Posté le 31 août 2004 par Typhaine Allainmat