Accouchements et rituels de naissance chez des maoris au XXIème siècle

Extraits d’un Mémoire de Maîtrise d’Ethnologie

Lors d’une campagne de recherches menées en 2003 et 2004, ont pu être observés des modalités d’accouchement et des rituels de naissance en cours actuellement en Nouvelle Zélande chez des Maori. Ces populations intègrent à la fois les acquis de la médecine occidentale et les traditions ancestrales maori.

L’instant de la naissance, en famille

Dans cette région volcanique, aux nombreuses sources chaudes, les naissances avaient autrefois souvent lieu dans l’eau. Un environnement sonore intense (instruments à vent notamment) dont les propriété vibratoires sur le corps ont pu jouer un rôle important (anesthésiant et activant) a été constaté dans le passé ; il ne subsiste aujourd’hui que des incantations aux sonorités graves et rythmées durant la durée du travail.
Pour réaliser l’accompagnement psychologique de la parturiente, considéré comme tout aussi fondamental, traditionnellement c’est la famille proche des deux lignées qui est présente, une vingtaine de personnes, tous âges confondus, dans un but précis, rigoureusement - et joyeusement - observé : celui d’appeler le nouveau-né à naître et à venir rencontrer ses ascendants, celui d’apporter un soutien à la future mère.

Grâce, depuis une vingtaine d’années, à une reconquête identitaire intelligente, active et pacifique de la part des Maori, les hôpitaux ont accédé à leur demande : les salles d’accouchement sont suffisamment grandes pour accueillir la famille ; un bassin d’eau à température constante, tiède, est fourni.

Voici un accouchement tel qu’il s’est passé à Otaki, près de Wellington, dans l’île du Nord.

La mère et les tantes se relaient pour masser les reins de la femme, ou poser et remplacer au fur et à mesure des tissus chauds sur le bas de son dos, lorsque, cessant de déambuler, elle s’accroupit ou s’assoit dans le bassin.

Quand l’enfant apparaît, la mère assise dans le bassin, le prend dans l’eau et le met d’emblée au sein, le cordon encore relié. Dès que celui-ci cesse de battre, que l’enfant respire, le père coupe le cordon avec un éclat d’onyx, et la sage-femme le noue avec des fils aseptisés de phormium, rituels.

On coupe le cordon ombilical. (croquis de Seloia Achouri)

Les grand-pères, les grands-oncles qui jusqu’alors psalmodiaient dans des tons graves la liste des ascendants innombrables, remontant jusqu’aux ancêtres mythiques et aux dieux maori…, formulent maintenant, alternativement avec les anciennes, des voeux de bienvenue au nouveau-né et lui prescrivent également ses devoirs vis à vis de la communauté.

Le placenta est ensuite recueilli dans un petit récipient ouvragé pour être, comme dans nos propres campagnes européennes au moyen-âge, enfoui en secret sous un arbre fruitier, censé porter bonheur à l’enfant…

Ce mémoire est consultable à l’Université de Bretagne Occidentale, Brest.

Danièle PRUNGNAUD
daniele.prungnaud@wanadoo.fr

Mis à jour : jeudi 18 mars 2010

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